Archive pour 2 octobre, 2010

Dur dur d’être bio ou écolo !

dsc01325.jpg Après quelques petites péripéties, nous ne pouvions résister à l’envie de vous parler de ce grand décalage qui existe entre nos deux « patries » du point de vue bio (organic en anglais) mais surtout écolo (eco friendly)Il me semble avoir déjà mentionné les petits changements auxquels nous avons du nous astreindre, nous qui avions pris de bonnes habitudes depuis si longtemps en France !! Ici, pas de tri des déchets, on benne tout dans le sac poubelle (qui atterrit dans une décharge municipale à ciel ouvert, à la sortie de la ville, où singes et hommes se battent pour fouiller les sacs… triste constat…). Ils mettent ensuite le feu aux arrivages afin de récupérer le métal dans les cendres (pour le revendre). Inutile de vous faire un dessin quant aux fumées émises, en terme d’impact sur l’environnement et la santé… Inutile aussi de vous parler des déchets qui jonchent les bords de route ou les rues en ville (ça, c’est culturel, chez la population africaine ici, même s’il y a une poubelle à un mètre, on balance par terre) et les sacs plastiques qui décorent le bush ! (ils commencent à proposer des sacs réutilisables et font payer à présent les sachets à la caisse. Pour notre part, nous utilisons depuis le début nos grands sacs français, ce qui nous a valu bien des yeux écarquillés au départ !!). Terriblement irritant pour nous, tout ça ! Pour le reste, je pourrais en écrire des pages… Plus c’est chimique (que ce soit les produits cosmétiques ou ménagers, les aliments industriels…), plus ils aiment !   

Pour ce qui est du marché bio, ils en sont, en quelque sorte, aux balbutiements… Non pas que nous soyons, nous, fervents adeptes du bio mais bon… Pour ce qui est de la nourriture bio, quelques produits sont parfois disponibles. Par contre, du coup, le côté écolo, on oublie ! Emballages plastiques à outrance… sans parler de la provenance des produits… Mais ça, c’est aussi valable en France ! La population locale ne sait pas vraiment ce que « bio » signifie. Pour eux, je crois, c’est le contraire d’industriel. Ainsi, une de nos amies se vantait de créer un potager bio mais je pense que son anti-pucerons ne l’est pas !! Pour les produits autres, toutes les sociétés qui en commercialisent sont dans la province de Cape Town (un peu loin pour le shopping…) mais, comme l’e-commerce se développe aussi pas mal (en tout cas du côté du Cap), je peux commander certaines choses, comme des produits ménagers ou de toilette. Bref… Le pire pour moi est arrivé récemment : je cherchais de la peinture bio pour repeindre le lit et la commode de bébé (et oui, vu comment ils mâchouillent les rebords du lit quand ils font leurs prémolaires, c’est plus prudent !). Et là, pas la peine de parler de peinture bio, ils ouvrent des grands yeux et sont morts de rire ! Ils n’imaginent même pas que ça puisse exister ! Donc, parlons-leur de peinture « eco friendly » (respectueuse de l’environnement). Bon, ça ricane encore un peu mais ils ont une lueur de victoire dans les yeux quand ils me répondent : « mais oui, on en a !« . Là, je suis pleine d’espoir « ahhhh…« . Ils me mènent au rayon en me disant « voilà, ce sont les peinture sans plomb ! « . Et là, mes épaules tombent au sol !! « Ben encore heureux que ce soit sans plomb… parce que vous en vendez encore avec plomb ??« . Aïe aïe aïe ! Le patron du magasin de peinture m’a quand même proposé d’en boire devant moi pour que je voie que c’était « safe » (sans danger) ! C’est c’la, oui !! Heureusement, Internet m’a encore sauvée, avec une petite entreprise du Cap encore !!

Pour l’eco-friendly, on commence à voir quelques marques « green » (vertes). Le pire ici, c’est le suremballage. C’est hallucinant ! On essaie de boycotter mais ce n’est pas toujours simple ! Mésaventure arrivée à Fred le week-end dernier qui va vous éclairer : il va au supermarché pour acheter des côtes de porc (et oui, on ne refait pas un Breton…) pour le braai. Il en voulait en quantité, seulement elles n’étaient vendues qu’en barquettes de deux. Il demande donc au boucher s’il n’en a pas en chambre froide pour lui faire UNE grosse barquette. Celui-ci répond que « non, c’est tout ce qu’il a, mais pourquoi n’est-ce pas bien ? ». Fred lui explique qu’en terme d’environnement, acheter 8 barquettes, ça fait beaucoup de déchets… Le boucher, plein de bonne volonté lui dit « ok, je vais faire quelque chose pour vous… ». Mais là, quelle surprise, il est allé dans le frigo et a rapporté 8 barquettes qu’il a ouvertes vigoureusement et a tout mis dans une grande barquette. Fred, estomaqué, n’a même pas eu le temps de réagir et s’en est allé, dépité, avec sa grosse barquette… Le vendeur pensait juste que Fred ne voulait pas avoir à remplir SA poubelle… Et oui, que voulez-vous faire ? On ne va pas à nous tout seuls révolutionner les choses. 

Avant d’être un problème de bonne volonté et d’effort commun (je parle de toutes les communautés qui vivent en Afrique du Sud, pas seulement d’une catégorie de personnes), c’est une question de connaissance du problème : il est sûr que leurs priorités sont d’un autre ordre mais ils n’ont aucune conscience écologique, pire, c’est l’ignorance au carré ! Non seulement ils ne réalisent pas ce qui peut nuire à l’environnement, mais ils ne conçoivent même pas la notion d’environnement… ça viendra sûrement un jour mais le chemin sera long, comme il a pu l’être en France il y a une vingtaine d’année ou plus…

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